Il y a vingt ans, l’Espagne a franchi un cap décisif. Invaincue lors des neuf matchs de la Coupe du monde 2006 au Japon, l’équipe dirigée par Pepu Hernández a remporté son premier titre mondial en dominant la Grèce en finale (70-47). Bien que Pau Gasol, leader de cette équipe, ait été contraint de suivre la finale depuis le banc à cause d’une fracture du pied survenue en demi-finale contre l’Argentine, cette victoire a marqué le début d’une ère de domination pour le basket espagnol.
Lors de la phase de groupes, l’Espagne avait enregistré cinq victoires consécutives avant de continuer son parcours sans faute dans les matchs à élimination directe. Après avoir éliminé la Serbie-et-Monténégro, puis la Lituanie, elle a retrouvé l’Argentine, tenante du titre olympique, en demi-finale.
Le match s’est décidé sur un dernier tir manqué d’Andrés Nocioni, permettant à l’Espagne de s’imposer 75-74. Malheureusement, cette qualification a eu un coût : Pau Gasol s’est fracturé le pied à une minute et demie de la fin, ce qui l’a contraint à renoncer à la finale.
Malgré cela, sa performance durant le tournoi lui a valu le titre de MVP. Il affichait une moyenne de 21,3 points, 9,4 rebonds, 1,4 passe décisive et 2,4 contres, avec des performances notables de 28 points contre l’Angola ou 25 points et 9 rebonds face à la Lituanie.
Sans leur meilleur joueur, les coéquipiers de Gasol ont abordé la finale avec des maillots d’échauffement sur lesquels était inscrit « Pau también juega » (« Pau joue aussi »). Face à une équipe grecque qui avait éliminé les États-Unis en demi-finale, l’Espagne a pris le contrôle du match dans le deuxième quart-temps, qu’elle a remporté 25-11, pour finalement s’imposer largement 70-47 grâce à une défense solide.
Le début d’une ère de domination
Avant cette victoire, l’Espagne avait commencé à se faire un nom sur la scène internationale, sans parvenir à décrocher de titres importants. Elle avait terminé cinquième lors des Coupes du monde de 1998 et 2002, deuxième lors des EuroBasket de 1999 et 2003, et troisième en 2001.
Le tournoi de 2006 a marqué un tournant pour cette génération. Aux côtés de Pau Gasol, se trouvaient des joueurs tels que Juan Carlos Navarro, Jorge Garbajosa, José Calderón, Rudy Fernández, Felipe Reyes, Carlos Jiménez et Sergio Rodríguez. Une grande partie de cette équipe, rapidement surnommée « Niños de Oro », a continué à briller durant la décennie suivante.
Les succès ultérieurs de l’équipe espagnole
L’Espagne a ensuite remporté le championnat d’Europe en 2009, 2011 et 2015, tout en décrochant l’argent olympique en 2008 et 2012, ainsi que le bronze en 2016. Même avec le renouvellement de l’effectif, cette réussite n’a pas été entravée : l’équipe espagnole a ajouté un deuxième titre mondial en 2019, porté par Ricky Rubio, MVP de la compétition, ainsi qu’un nouvel EuroBasket en 2022.
La victoire de 2006 demeure ainsi le point de départ de l’âge d’or du basket espagnol. Vingt ans plus tard, elle est indissociable de l’héritage laissé par Pau Gasol, meilleur joueur d’une Coupe du monde dont il n’a pourtant pas disputé le dernier match.









