Le feuilleton de l’AS Monaco Basket prend une tournure inattendue. Exclue des compétitions professionnelles, la Roca Team espérait trouver refuge en NM1. Cependant, samedi, le Bureau Fédéral de la FFBB a décidé de ne pas autoriser la participation du club monégasque, suivant l’avis défavorable de sa Commission de contrôle de gestion. La raison évoquée est une incertitude persistante concernant « la sincérité et la fiabilité de la situation financière de la société. »
« C’est d’une tristesse absolue » pour l’avocat
La décision de la Fédération a suscité une réaction vive à Monaco. Dans une interview accordée à Nice-Matin, l’avocat du club, Maître Xavier Le Cerf-Galle, a exprimé son indignation. Alors que l’investisseur suisse Thomas Kurk s’était engagé à injecter 10 millions d’euros par saison pour restructurer le club à 97 %, la FFBB s’est focalisée sur un détail administratif: l’absence de l’attestation dûment tamponnée par le Commissaire aux comptes dans les délais requis (mercredi midi).
« Un nouvel investisseur qui met 10 millions d’euros sur la table se heurte à un refus monumental du bureau fédéral, car on lui fait payer des erreurs administratives du passé […] On nous refuse l’accès à N1 parce que le Commissaire aux comptes n’a pas eu le temps de mettre un tampon [… Le club est restructuré, les finances sont désormais en ordre, tout est en place pour préserver les emplois et constituer une équipe attrayante qui aurait pu attirer les foules chaque week-end dans toutes les salles de N1. C’est d’une tristesse absolue »
Dans son communiqué, la FFBB a exprimé des doutes sur la « sincérité » de la société ASM Basket, citant également l’« historique » du dossier comme un argument défavorable. « Lorsque je lis que l’AS Monaco n’aurait pas fourni de garanties suffisantes, je suis choqué. C’est à la fois un affront, un manque de respect et un manque de réalisme institutionnel, » a déclaré Maître Le Cerf-Galle, soulignant que le budget proposé serait largement suffisant pour la NM1 malgré les dettes.
La FFBB affirme vouloir « traiter tous les clubs de la même manière »
En réponse à ces accusations de rigidité, voire de motivations politiques, le président de la FFBB, Jean-Pierre Hunckler, a fermement défendu sa position dans les colonnes de L’Équipe. Présent à Berlin pour la Coupe du monde féminine, il a catégoriquement rejeté toute implication politique : « Cette décision n’a rien de politique, » a-t-il précisé.
« Nous avons accordé des délais supplémentaires, la commission de contrôle de gestion a travaillé sans relâche, mais au moment de la réunion du Bureau, Monaco n’avait pas fourni les garanties requises de la part de tous les clubs de NM1. Or, mon devoir, comme je l’ai toujours souligné, est de traiter tous les clubs de la même manière. »
En attendant, l’association amateur de l’ASM a repris la compétition au niveau NM3 ce week-end, tandis que la SA AS Monaco Basket se retrouve au bord du dépôt de bilan. Toutefois, l’histoire ne s’arrête pas ici. Avec le précieux tampon du Commissaire aux comptes, la direction monégasque va de nouveau faire appel en urgence au CNOSF, ce lundi selon Nice-Matin. La suite de ce feuilleton (et peut-être sa conclusion ?) se déroulera dans les prochains jours devant les conciliateurs sportifs et au tribunal de Monaco le 2 octobre.









