L’audience prévue le jeudi 10 juillet au tribunal de Monaco à 11h00 ne devrait pas aboutir à un jugement immédiat. Des sources indiquent que le club envisage un nouveau report jusqu’à la fin de la semaine prochaine. Notamment, le président du club n’a pas pris la parole devant la presse lors de cette séance.
Les enjeux sont considérables : l’AS Monaco doit constituer un dossier solide avant le 20 juillet, date à laquelle la FFBB décidera de l’appel du club concernant sa réintégration en Ligue professionnelle. Il y a une semaine, la DNCCG a rejeté la demande du club pour la saison 2026-2027, invoquant des garanties financières insuffisantes et des progrès inadéquats sur les dossiers de reprise.
Une crise financière structurelle après un quadruple historique
Le timing présente une ironie frappante. Le 23 juin 2026, Monaco célébrait son troisième titre consécutif de champion de France, concluant un quadruple sans précédent comprenant le Supercoupe, la Leaders Cup, la Coupe de France et le titre de championnat. Dix jours plus tard, le club se retrouvait face à une crise menaçant son existence même.
Cette tourmente découle du gel des actifs appartenant à son propriétaire, Aleksej Fedoricsev, en raison de sanctions liées au conflit en Ukraine. L’État monégasque, par l’intermédiaire de la Société Nationale de Financement (SNF), avait précédemment injecté près de 30 millions d’euros pour garantir que le club puisse terminer la saison. Ce soutien a pris fin le 30 juin 2026. La dette totale du club est désormais estimée à environ 25 millions d’euros.
Le tribunal de Monaco doit décider de la poursuite des activités de la société mère, au milieu de craintes d’insolvabilité imminente. Pour éviter ce scénario, le club cherche une extension pour renforcer son plan de redressement.
Le plan Mashburn sous pression
La proposition de reprise dirigée par l’ancien joueur de la NBA Jamal Mashburn, à la tête d’un groupe d’investisseurs américains, prévoit un investissement allant de 10 à 12,5 millions d’euros. Cependant, la DNCCG a jugé cette somme insuffisante, compte tenu de l’endettement accumulé et des besoins opérationnels d’un club de haut niveau.
Philippe Ausseur, président de la LNB, a été franc : Fedoricsev doit accepter la situation actuelle, et il est peu probable qu’il retrouve sa capacité financière dans un avenir proche. L’implication est une transition de propriété qui semble inévitable, bien que ses spécificités restent indéfinies.
D’un point de vue sportif, l’effectif a déjà été considérablement fragmenté. Des joueurs tels que Mike James, Matthew Strazel et Élie Okobo ont quitté le navire, ainsi que des figures clés comme Alpha Diallo. Le budget futur devrait être réduit à un tiers de ce qu’il était pendant ses années prospères. Quelle que soit l’issue, Monaco ne ressemblera plus au club dominant qu’il était autrefois dans le basketball français.
La semaine à venir sera cruciale. Un retard judiciaire pourrait donner au club le temps nécessaire pour peaufiner sa proposition de redressement. Toutefois, sans garanties financières crédibles, l’appel du 20 juillet est susceptible de confirmer l’exclusion du champion de France en titre des compétitions professionnelles.
Y aura-t-il une équipe de l’AS Monaco en Betclic ELITE la saison prochaine ?









