Narcisse Ngoy évoque une saison marquante entre la Draft NBA et la NCAA

Les trophées, la Draft NBA, la NCAA… Narcisse Ngoy revient sur une année inoubliable !

Narcisse Ngoy (2,14 m, 22 ans) a vécu une saison 2025-2026 particulièrement riche. Prêté à Poitiers par la JL Bourg après avoir réalisé un premier exercice professionnel convaincant à Rouen, l’ancien espoir de Roanne a brillé cette année. En tant que meilleur rebondeur et contreur de la division, le Francilien a remporté consécutivement les titres de MVP d’ELITE 2 et de défenseur de l’année. Il a également conduit le PB86 en finale du championnat, malheureusement perdue contre l’Elan Béarnais, promu cette saison.

Considéré comme une véritable révélation, Narcisse Ngoy a eu l’honneur d’être drafté par les Clippers fin juin, après avoir surpris son entourage en choisissant de rejoindre la NCAA plutôt que la Jeep Elite durant l’intersaison. Ce choix, ainsi que cette année exceptionnelle, a été l’objet d’un long entretien avec BeBasket.

Parcours en playoffs et sentiments mitigés

Tu es passé à une victoire de la montée en Betclic ELITE avec Poitiers. Entre la fierté de ce parcours et la déception d’avoir perdu en finale contre Pau, quel est ton sentiment aujourd’hui?

C’est mitigé. Je ressens de la fierté parce qu’au début de la saison, personne ne nous voyait arriver jusque-là. Personne ne pensait que Poitiers finirait 5ème et qu’on irait aussi loin en playoffs. Donc, je dirais qu’il y a de la fierté. On a réalisé l’impossible. Mais il y a aussi un peu de déception. Quand on prend le premier match de la finale contre Pau, je me dis qu’on peut le faire. Et au final, il y a de la déception. Donc c’est vraiment un sentiment mitigé.

Vous avez effectivement remporté le premier match avant de perdre les deux suivants. Qu’a-t-il manqué à Poitiers pour décrocher cette finale d’ELITE 2?

Ce qui nous a manqué, c’est de l’adresse à trois points. Dans le premier match, on a shooté à 50%. Ensuite, cela a été complètement différent. On a aussi manqué de lucidité en attaque, avec trop de pertes de balles. On leur a offert des contre-attaques faciles, des deux contre un… Je pense vraiment qu’on a manqué de lucidité offensivement.

Succès individuel et confiance

Tu as été une figure incontournable du championnat d’ELITE 2 cette saison, remportant le titre de défenseur de l’année et, surtout, celui de MVP. T’attendais-tu à un tel succès en rejoignant Poitiers l’été dernier?

Franchement, je ne m’attendais pas à un tel succès individuel. Même pour moi, c’était une surprise. Mes coéquipiers m’en parlaient pendant la saison, mais je ne les prenais pas au sérieux car je n’y croyais pas. À la fin de la saison, recevoir autant de récompenses individuelles a été une énorme surprise. Je m’attendais peut-être à terminer meilleur contreur de la saison, car je connais mes compétences. Mais le reste, c’est resté une immense surprise.

Comment expliques-tu ton éclosion?

Je dirais que cela passe d’abord par la confiance que le coach m’a accordée. Andy Thornton-Jones m’a donné beaucoup plus de liberté, il m’a fait confiance. Cela m’a permis de jouer davantage, et mécaniquement, mes statistiques ont progressé. Cela vient aussi de la confiance que mes coéquipiers m’ont témoignée. Sans cela, il aurait été difficile de dominer. Donc, je pense que cela passe énormément par là et par la grande liberté que j’avais sur le terrain. Quand on se sent libre, on peut s’exprimer.

Choix de la NCAA et draft NBA

Après avoir été prêté à Poitiers par Bourg-en-Bresse l’année dernière, tu as choisi d’évoluer en NCAA la saison prochaine au lieu de rejoindre la Jeep Elite. Pourquoi ce choix?

Tout simplement parce que j’ai 22 ans et que c’était ma dernière année d’éligibilité à la draft. Je savais qu’en jouant en deuxième division française, il serait compliqué d’accéder à la NBA. J’ai donc fait le choix de me rapprocher des États-Unis en optant pour la NCAA, afin d’avoir plus d’exposition.

Tu ne t’attendais donc pas à être drafté en juin dernier?

C’est exact. J’ai constaté que le dernier joueur d’ELITE 2 à avoir été drafté était Hugo Besson, et qu’il n’avait pas reçu d’offre de contrat en NBA. C’est pourquoi j’ai rejoint la NCAA, pour être plus proche des scouts, et avoir plus d’exposition.

Tu as choisi la fac d’Auburn, connue pour avoir notamment formé Charles Barkley. Qu’est-ce qui t’a poussé à choisir ce programme?

Je me suis dit qu’Auburn était la meilleure option pour progresser, car le projet était énormément centré sur moi. D’autres universités se sont manifestées sans toutefois formuler d’offre. J’ai choisi Auburn pour évoluer dans le meilleur environnement afin de progresser sur les plans technique et physique, et pour avoir du temps de jeu la saison prochaine.

Maintenant que tu as été sélectionné par les Clippers, regrettes-tu d’avoir choisi la NCAA plutôt que Bourg?

Non, je n’ai pas de regrets. Que j’aie choisi la JL ou Auburn, je ne pense pas que Los Angeles m’aurait proposé de contrat garanti. En étant drafté au second tour, les franchises ne sont pas obligées de proposer un bail ferme. Je n’ai donc pas de regrets, sachant qu’en plus j’aurai plus d’opportunités en NCAA de jouer sous les yeux des scouts NBA.

Tu as été retenu en 57e position de la draft NBA 2026, ce qui a surpris beaucoup de monde. Comment as-tu appris la nouvelle?

Franchement, j’ai découvert que j’avais été drafté le lendemain. Je ne m’y attendais pas du tout, même si je savais que certains scouts étaient venus me voir à certains matchs et entraînements. J’ai été surpris. Je ne savais pas quoi faire, ni ce qui allait se passer. Je l’ai appris comme tout le monde via les réseaux. J’ai bien pris la nouvelle car cela signifie qu’il y a finalement des scouts NBA qui regardent l’Elite 2, et qui considèrent que cette division offre un niveau de jeu suffisant pour me drafter. Cette sélection m’ouvre également une porte vers la NBA à moyen terme.

As-tu déjà eu des contacts avec la franchise?

Pas du tout. Je n’ai eu aucun contact avec eux, que ce soit avec le coach, les joueurs, le GM ou autre. Je n’ai eu aucun contact avec les Clippers jusqu’ici. Ils ne m’ont pas proposé de participer à la Summer League. Je pense qu’ils reviendront vers moi dans un an ou deux, en fonction de mes performances à Auburn.

Après avoir remporté des distinctions individuelles et conduit Poitiers en finale d’Elite 2, quels sont tes objectifs pour l’avenir? L’équipe de France fait-elle partie de tes aspirations?

Sincèrement, mon objectif est de jouer en NBA et d’y rester le plus longtemps possible, peu importe le rôle. L’équipe de France m’intéresse forcément. C’est toujours un rêve. Que ce soit pour disputer les J.O., un Euro ou une coupe du Monde, cela reste un objectif. En fonction de la concurrence, on verra ce que ça donne. Quand j’étais partenaire d’entraînement en novembre dernier, nous avions discuté avec Frédéric Fauthoux (entraîneur de Bourg-en-Bresse et sélectionneur des Bleus). Mais je n’ai pas eu de nouvelles depuis.