Le monde du basket français se prépare à un événement marquant. Ce dimanche à 19 heures, l’Élan Béarnais et le Limoges CSP s’affronteront en Betclic ÉLITE pour le 115e Clasico de leur rivalité. La rencontre sera diffusée en clair sur La Chaîne L’Équipe et promet d’attirer plus de 6 500 spectateurs au Palais des Sports.
Lors d’une visioconférence organisée ce vendredi, le coach de l’Élan Béarnais, Mickaël Hay, et son joueur Thomas Cornély ont souligné l’importance de cette rivalité, tout en gardant à l’esprit les enjeux sportifs, alors que les deux équipes affichent un bilan d’une victoire et trois défaites après quatre journées de championnat.
« Un Clasico, c’est une rivalité historique »
Pour Mickaël Hay, ce Clasico revêt une signification particulière. « Nous sommes tous très enthousiastes à l’idée de jouer ce match, surtout avec une heure de diffusion qui convient bien », a exprimé le meneur de jeu palois.
La question se pose alors : est-ce une étape incontournable pour se sentir véritablement Béarnais ? « Non, pas nécessairement, mais cela ajoute une touche spéciale », a répondu Thomas Cornély. « Avoir vécu la montée avec ce club l’an dernier et participer à ce Clasico cette année, c’est vraiment agréable. Les enjeux sont différents, mais on ressent l’effervescence sur les réseaux sociaux, les discussions autour de ce match. C’est clairement plus intense qu’une rencontre classique de championnat. »
Mickaël Hay, lui, a grandi avec ces Clasicos. Il a même joué pour Limoges au début des années 2000.
« Je suis un peu plus vieux que mes joueurs (52 ans, NDLR), et je connais ces Clasicos depuis les années 80-90. L’effervescence est toujours présente. J’ai vécu des matchs avec des enjeux très significatifs, pour le titre, et des moments un peu tendus, si l’on peut dire (sourire). Je me souviens notamment de Clarence Kea… À l’époque, on écoutait les retransmissions à la radio ou on regardait sur Antenne 2. Il y a eu des séquences mémorables, quelques bagarres, et d’autres matchs qui se sont décidés sur des lancers-francs. Et puis, j’en ai disputé deux lorsque j’étais joueur avec Limoges. Ce sont des moments gravés dans ma mémoire. »
« Une rivalité qui dépasse les deux villes »
Interrogé sur d’autres rivalités dans le basket français, comme Paris – ASVEL, Mickaël Hay a partagé son point de vue.
« Pour moi, il existe une rivalité plus forte ici en raison de son histoire. Paris n’a pas vraiment d’histoire, entre guillemets, c’est un club qui n’existe que depuis 7-8 ans (NDLR, fondé en 2018). C’est une rivalité qui se construira avec le temps. Mais ici, nous parlons d’une rivalité de 40 ans, née à la fin des années 70, qui a atteint son apogée dans les années 80-90. Cela va au-delà des deux villes et du basket en général, sinon nous ne serions pas ici un dimanche soir sur une chaîne nationale (La Chaîne L’Équipe), alors qu’aucun des deux clubs ne vise le titre de champion de France en fin de saison. »
Après quatre ans d’absence dans l’élite, les deux équipes se retrouvent dans des contextes différents, mais avec un même objectif : prouver leurs progrès pour réellement lancer leur saison.
Pour Pau, l’essentiel est de capitaliser sur sa récente victoire contre Saint-Quentin, le premier succès en quatre matchs de Betclic ÉLITE après des défaites face à Nanterre, Dijon et Cholet.
« Il y a un double enjeu, celui de respecter l’histoire, notamment en ce qui concerne les valeurs, et celui de gagner. Les deux équipes affichent un bilan de 1 victoire et 3 défaites, donc l’importance de ce Clasico est assez… aiguë »
, a insisté Mickaël Hay.
Gregor Hrovat, un atout clé ? « Il assimile vite les systèmes »
Il a fallu attendre le 17 octobre pour que l’Élan Béarnais remporte enfin sa première victoire de la saison en championnat. Un match offensif, marqué par le retour de Gregor Hrovat, quatre ans après son premier passage au club, qui a inscrit 17 points avec 4/10 aux tirs, 7/8 aux lancers-francs, 5 rebonds, 9 passes décisives, 4 interceptions et… aucun ballon perdu pour une évaluation de 28 en 32 minutes.
Ce joueur international slovène apporte son expérience, sa vision du jeu et sa capacité à gérer les possessions dans les moments critiques. Son retour a été rapidement bénéfique pour une équipe qui avait besoin de plus de maîtrise pour progresser.
« Gregor s’est rapidement intégré dans le collectif », souligne Thomas Cornély. « Il connaît bien le championnat, il est très à l’aise sur le terrain. Il assimile les systèmes très vite, tu lui montres une fois et c’est déjà dans sa tête. C’est un joueur qui contribue beaucoup, tant pour le collectif qu’en prenant ses responsabilités. C’est un élément essentiel pour notre jeu. »
« Le groupe progresse à chaque sortie »
La suite est maintenant à confirmer. Bien que l’attaque ait montré de réels signes de progrès contre Saint-Quentin, l’équipe béarnaise doit encore retrouver la solidité défensive attendue par son entraîneur. Face à un adversaire limougeaud qui présente plusieurs menaces extérieures, l’intensité et la discipline collective seront cruciales.
« L’arrivée de Gregor s’inscrit dans notre progression depuis le début de la saison. Nous avons peut-être démarré un peu bas, mais le groupe progresse à chaque match, notamment lors des 15 derniers jours depuis le match de Cholet. Gregor apporte un atout supplémentaire. C’est un facilitateur de jeu. Il connaît déjà le club, ce qui est un véritable plus. Cela ne change rien à notre objectif initial qui reste d’assurer le maintien », rappelle Mickaël Hay.
Dans ce 115e Clasico, la motivation sera sans aucun doute au rendez-vous.
La bataille du rebond sera au cœur de ce Clasico. Un des principaux duels de cette rencontre pourrait se dérouler sous les paniers. Après quatre journées, l’Élan Béarnais affiche une moyenne de 39,5 rebonds, contre seulement 33 pour Limoges. Cette différence significative pourrait permettre aux Palois de bénéficier de possessions supplémentaires et d’imposer leur impact physique, même si l’équipe d’Arnaud Tessier pourra compter sur le retour de Jean-Fabrice Dossou, un joueur clé dans ce domaine.









