Mickaël Hay après la victoire de Pau : « On a eu un peu la peur de gagner »

Mickaël Hay après la victoire de Pau contre Limoges : « On a eu un peu la peur de gagner »

L’Élan béarnais a remporté le 115e clasico de son histoire face au Limoges CSP, avec un score de 85-81, dimanche soir, devant 7 355 spectateurs au Palais des Sports de Pau. Cette victoire est précieuse pour le promu, qui parvient presque à équilibrer son bilan après cinq journées de Betclic ELITE (2 victoires, 3 défaites). Alors que les Béarnais avaient pris jusqu’à 19 points d’avance, ils ont failli perdre un match qu’ils avaient largement contrôlé.

Après la rencontre, Mickaël Hay a admis que son équipe avait rencontré des difficultés dans les dernières minutes. Néanmoins, il ne boude pas son plaisir d’avoir remporté ce clasico, une semaine après leur succès contre Saint-Quentin (102-89).

« On a manqué un peu de maîtrise sur la fin »

Mickaël Hay a reconnu que son équipe a éprouvé des difficultés dans les moments cruciaux du match. Il a souligné que malgré les frayeurs, il préfère se concentrer sur les aspects positifs de la performance de son équipe.

« On s’est fait peur, ça, c’est sûr. Mais je préfère retenir le positif ce (dimanche) soir. Sur nos 17 premières minutes de la première mi-temps, on a été vraiment très concentrés. Les premières minutes du troisième quart-temps, ça allait à peu près. Et après, on a flanché physiquement, ils sont montés en agressivité et on a manqué un peu de maîtrise sur la fin. Mais l’essentiel est là. Quelquefois, la victoire suffit à notre bonheur. »

Il a également déploré les relâchements défensifs qui ont permis au CSP de rester en vie, malgré un écart initial conséquent. Les visiteurs ont marqué 13 points dans les trois dernières minutes du deuxième quart-temps, rentrant aux vestiaires avec seulement 13 longueurs de retard (52-39).

« On se relâche sur les trois dernières minutes et on encaisse 13 points. On est tous humains, mais on fait de grosses erreurs défensives. On sait que cette équipe-là, dès que tu relâches la pression, elle peut mettre dedans. En plus, en deuxième mi-temps, eux mettent des tirs à 3-points, nous pas. On n’en met qu’un seul, alors qu’on a de bonnes positions. On n’a pas su tuer le match à un moment donné, mais ça fait une belle bataille. Il a fallu aller la chercher et tout le monde a participé à cette belle victoire. »

Mickaël Hay voulait éviter que ses joueurs surjouent ce clasico

Pour Mickaël Hay, la préparation de cette rencontre si particulière a nécessité de trouver le juste équilibre émotionnel. Bien que Pau se confronte à son grand rival après son retour dans l’élite, peu de joueurs de l’équipe actuelle avaient déjà connu l’atmosphère de cette affiche.

« La difficulté que j’avais sur ce match-là, c’était de ne pas vouloir surjouer. On savait qu’on était attendus dans le combat, par rapport au clasico, mais il fallait garder le contrôle de ce qu’on faisait. Parmi mes joueurs, il n’y avait que Gregor [Hrovat] qui avait vécu un vrai clasico. Il fallait faire monter la sauce, mais pas trop non plus. Je trouve que les garçons ont été plutôt bien, même si, sur la fin, je pense qu’on a eu un peu la peur de gagner. »

Cette peur de gagner s’est manifestée lorsque Limoges a réduit l’écart à seulement deux points (81-79) dans les dernières secondes. Pau a néanmoins trouvé les ressources nécessaires pour conserver son avantage, notamment grâce aux deux lancers francs réussis par son intérieur Josh.

« Ce sont des victoires importantes parce que ça soude le groupe. À un moment donné, il a fallu aller la chercher alors qu’on ne maîtrisait pas toujours ce qu’on faisait. Il a fallu aller au combat, chercher de gros rebonds. Josh (Mballa) met ses deux lancers francs, il fallait les mettre à ce moment-là. Il y a plein de choses à revoir en termes de basket, mais c’est un clasico. On sait que ça se joue jusqu’au bout et c’était important de le prendre. »

Après Limoges, Le Mans et l’ASVEL au programme

Avec deux victoires consécutives à domicile, Pau regagne de la confiance avant d’aborder un calendrier plus difficile. Les Béarnais vont enchaîner avec deux déplacements, d’abord au Mans puis à l’ASVEL, ainsi qu’un rendez-vous en Coupe de France à Antibes.

Mickaël Hay n’a pas l’intention de changer sa méthode de travail après ces deux succès.

« J’ai un groupe qui travaille bien, qui travaille beaucoup, qui aime travailler. C’est important que les victoires amènent de la confiance, de l’énergie pour réinvestir ça au quotidien. La semaine d’entraînement ne va pas changer parce qu’on a gagné un ou deux matchs. Notre objectif quotidien, c’est de bosser, de progresser. Évidemment qu’on fera voir aux individus et au groupe certaines choses, parce qu’on joue quand même 40 minutes, mais ça donne de l’envie de continuer. »

Dans le vestiaire palois, la soirée s’est terminée entre euphorie et soulagement. Le retour de Limoges a laissé planer le doute jusqu’aux ultimes possessions, rendant cette victoire collective encore plus précieuse.

« Il y avait de l’euphorie et puis du soulagement quand même, parce que tu peux le perdre à la fin. Ça permet de resserrer les liens entre les mecs. Tu peux travailler bien, bien t’entendre avec tout le monde, mais c’est sur le terrain qu’à un moment donné les choses peuvent prendre de l’ampleur. Il faut rester très humble. Mais aujourd’hui, c’est une bonne chose de faite. »

Pour le promu béarnais, ce deuxième succès consécutif confirme les progrès réalisés depuis le début de la saison. Sans occulter les difficultés encore présentes, cette victoire offre à Mickaël Hay et à son équipe une certaine sérénité avant de se frotter à deux formations ambitieuses du championnat.

Au Palais des Sports de Pau,