Loïs Grasshoff, prêté à l’ADA Blois, évoque son choix de carrière

ITW Loïs Grasshoff, prêté à l’ADA Blois : « Le choix final, c’est moi qui l’ai fait »

Arrivé à Blois le 1er août, une semaine avant le début de la saison, Loïs Grasshoff a pris le temps de s’acclimater à son nouvel environnement avant de reprendre l’entraînement. Sous contrat avec Le Mans jusqu’en juin 2029, l’ailier sort d’une première saison prometteuse en ELITE 2 avec Aix-Maurienne, où il a affiché des moyennes de 9,6 points et 4,1 rebonds, avant que son parcours ne soit interrompu par des blessures. Bien qu’il ait été prolongé par le MSB en juin, il a jugé qu’une seconde année à ce niveau serait plus bénéfique pour son développement qu’un retour immédiat en Betclic ELITE.

À Blois, Grasshoff souhaite poursuivre sa progression dans un projet qu’il a choisi parmi plusieurs options. Avec des infrastructures de qualité, un travail individuel et des ambitions collectives, son choix s’inscrit dans une logique de développement personnel. Il exprime aussi son espoir d’atteindre, à moyen terme, une Coupe d’Europe en tant que joueur à part entière.

Le centre de performance de l’ADA, un atout majeur

Sa première semaine dans le Loir-et-Cher a été consacrée à la découverte des lieux. Situé à proximité du Jeu de Paume, où il a déjà joué avec les couleurs mancelles, Grasshoff n’avait pas encore eu l’occasion de visiter la salle au moment de notre entretien. En revanche, il a pu se familiariser avec le centre de performance de l’ADA, dont les équipements ont immédiatement validé son choix. Avec deux demi-terrains, deux salles de musculation, des vestiaires et un futur espace de restauration, il découvre un outil qu’il connaissait uniquement à travers des vidéos.

« Je l’avais vu sur les vidéos YouTube, mais le fait de l’avoir vu en vrai… J’étais comme un gosse. Les installations, c’est un truc de fou. C’est vraiment un truc pour performer. »

Ce cadre n’est pas un détail dans sa décision. À presque 22 ans, Grasshoff estime que son développement passe par la possibilité de travailler quotidiennement dans des conditions optimales. Le centre accueille également les jeunes de l’ADA, offrant ainsi un environnement entièrement dédié au basketball.

« C’était un point sur lequel je voulais vraiment avoir un endroit où c’est pour performer, pour être dans les meilleures dispositions, pour essayer de passer au niveau supérieur. Que ce soit dans un an, deux ans, trois ans, j’en sais rien, mais j’avais vraiment besoin de ça. »

Après avoir comparé ses différentes options, cet argument a eu un poids déterminant :

« Le fait qu’il y ait ce centre de performance, ça a aussi aidé à mon choix. »

En plus de cet élément, le Marseillais a exprimé un désir de longue date de porter le maillot de l’ADA, un projet qui l’attire depuis plusieurs saisons. L’opportunité était idéale et les échanges avec le staff l’ont conforté dans sa décision.

Développer ses compétences à Blois

Cette deuxième saison en ELITE 2 doit lui permettre d’évoluer au-delà du registre qu’il a occupé à Aix-Maurienne. Son énergie, sa défense et son activité sont déjà des éléments essentiels de son identité sur le terrain. Le prochain défi sera davantage axé sur le développement technique. Un entretien avec le staff devrait déterminer ses priorités et son rôle, avec des séances individuelles ou en petits groupes prévues au cours de la saison.

Grasshoff a déjà identifié plusieurs axes d’amélioration. Il souhaite maintenir la même intensité tout en devenant plus constant derrière la ligne à trois points et plus sûr avec le ballon. Sa polyvalence entre les postes 2 et 3 l’incite également à développer des compétences qu’il considère moins centrales jusqu’à présent.

« Il faut que j’apprenne à jouer un peu plus sur le pick and roll et sur la lecture de jeu. Donc, en tout cas, c’est sur les points sur lesquels je dois le plus travailler cette année, tout en continuant à renforcer mes points forts. »

Son objectif est clair : ne pas se contenter d’une meilleure production, mais devenir un joueur capable d’assumer plusieurs rôles sur le terrain.

Ses références illustrent d’ailleurs les deux aspects qu’il souhaite réunir dans son jeu. Pour l’attitude et l’intensité, Grasshoff s’inspire de Mathias Lessort :

« Sur l’énergie, c’est un peu de lui que je m’inspire. Libérer ses émotions quand il y a un dunk, un contre… »

Pour le style de jeu, il évoque plutôt deux extérieurs qu’il a pu observer de près lorsqu’il était dans le groupe professionnel du Mans : Tyson Ward et Alpha Diallo.

« Ce sont des joueurs que je kiffe. […] C’est vraiment des joueurs que j’aime bien sur un profil un peu plus similaire au mien. »

« Mon rêve, ça serait de monter »

Grasshoff apprécie également la construction de l’effectif de l’ADA. Au moment de l’entretien, aucun objectif collectif précis n’avait encore été établi pour les joueurs, la reprise n’ayant pas encore eu lieu. Il refuse donc d’attribuer à son nouveau club une ambition qui n’a pas été formalisée. Cela dit, il est déjà positif à propos du groupe :

« Je trouve que l’équipe qu’ils ont réussi à faire est super. […] Je la trouve super cohérente, bien construite. »

En ce qui concerne ses ambitions personnelles, elles vont bien au-delà d’une simple saison de transition. Après avoir fait ses preuves en ELITE 2 avec Aix-Maurienne, Grasshoff souhaite maintenant s’engager dans la lutte pour le haut du tableau. Bien qu’il ne présente pas la montée comme l’objectif officiel de l’ADA, il n’hésite pas à affirmer le sien :

« Moi, je te dirais oui que mon rêve, ça serait de monter. Après, on ne s’est pas encore fixé les objectifs. »

Un deuxième prêt plutôt qu’un retour au Mans

La question d’un retour au MSB aurait pu se poser. Sous contrat avec le club sarthois, et après avoir déjà fait ses débuts avec les professionnels, Grasshoff a vécu une première saison encourageante à Aix-Maurienne. Avec 9,6 points à 50 % au tir et 4,1 rebonds en moyenne, il avait su trouver sa place en ELITE 2 avant que son exercice ne s’arrête prématurément à cause de blessures. Son passage en Savoie lui a surtout confirmé qu’il avait encore besoin de temps et de responsabilités avant d’envisager l’étape suivante.

Grasshoff envisage son développement sur le long terme, au-delà d’une seule saison.

« Les cycles de deux ans, je trouve que c’est important »,

dit-il, en faisant le parallèle avec ses premières saisons au Mans. Son année écourtée à Aix-Maurienne a renforcé cette conviction :

« Je pensais honnêtement avoir besoin d’une deuxième année. […] Je pense que j’ai encore besoin de m’aguerrir sur plein de trucs avant de passer au niveau supérieur, j’espère. »

Le Mans envisageait également un nouveau prêt, ce qui a naturellement aligné les intérêts du joueur et du club.

Cependant, le choix de la destination n’a pas été imposé par le MSB. Après sa saison en Savoie, l’ailier a suscité plusieurs intérêts en ELITE 2, ce qui lui a fait plaisir malgré un exercice tronqué. Son agent et lui ont examiné les différentes options tout en échangeant avec Le Mans. La proximité géographique entre Blois et la Sarthe a également été un atout pour le MSB, mais la décision finale est revenue au joueur :

« Forcément, s’ils n’étaient pas d’accord avec mon choix, ils me l’auraient dit. […] En tout cas, le choix final, c’est moi qui l’ai fait. »

Avec Bastien Grasshoff, le MSB reste une affaire de famille

Quitter Le Mans pour une saison supplémentaire ne signifie pas s’en éloigner. D’abord, parce que Loïs Grasshoff a continué de suivre presque tous les matchs du MSB depuis Aix-Maurienne. Ensuite, son frère cadet Bastien y évolue toujours. Bien qu’ils ne passent pas nécessairement leur temps à analyser leurs performances, ils échangent souvent sur leurs sensations et leur quotidien, y compris les retours après les matchs au sein de la famille.

La distance semble même avoir renforcé leur lien. Après avoir partagé le terrain sous le maillot du Mans, Loïs exprime désormais le souhait de défier son frère.

« J’ai joué avec lui, c’était un truc de dingue. J’aurais bien aimé jouer contre lui aussi. »

Comme le match de préparation entre Blois et Le Mans n’est pas prévu cette année, il ne reste que la Coupe de France pour réaliser ce scénario.

« On va croiser les doigts pour un Blois – Le Mans en Coupe de France. »

Cela créerait un dilemme pour leurs parents :

« un derrière chaque équipe »,

plaisante-t-il.

Marseille toujours dans un coin de la tête

Avant Le Mans, les frères Grasshoff ont grandi dans le basket marseillais, passant par le SMUC. Loïs n’a pas rompu ce lien depuis son départ. Il garde des amis parmi les joueurs marseillais et connaît encore plusieurs membres de l’équipe avec qui il a joué. Bien qu’il ne puisse pas regarder régulièrement les matchs de Nationale 2, il suit les résultats et profite des diffusions disponibles sur YouTube lorsque son emploi du temps le permet.

Le nouveau projet de Marseille Basketball retient donc logiquement son attention. Grasshoff trouve l’effectif intéressant sur le papier, tout en soulignant que l’accumulation de talents individuels ne suffit pas à garantir le succès collectif.

« Il faut juste apprendre à créer des liens et faire la meilleure saison possible tous ensemble. Donc je vais suivre ça de près. »

Son souhait personnel pour son ancien club est de voir Marseille réussir à atteindre son objectif de montée en NM1.

La Coupe d’Europe comme prochain grand objectif

À 21 ans, avec un contrat au Mans courant jusqu’en 2029, Grasshoff ne fixe pas encore de calendrier précis pour sa carrière. Cependant, il sait ce qu’il aimerait atteindre dans deux ou trois ans : la première division et les compétitions européennes.

« J’aimerais bien jouer une Coupe d’Europe en première division, forcément. Peu importe où, mais sur du moyen terme, je pense que c’est un des objectifs. Jouer une Coupe d’Europe, ça serait vraiment mon rêve. »

Que ce soit en Basketball Champions League, EuroCup ou EuroLeague, il ne ferme aucune porte.

Cette ambition découle également de son expérience avec Le Mans. Lors de sa première saison au MSB, il avait accompagné le groupe en BCL et effectué des déplacements européens, même s’il n’avait pas joué. Cette expérience l’a marqué : voyager avec une équipe professionnelle, découvrir d’autres pays et le rythme d’une compétition continentale lui a donné envie de revenir avec un statut différent.

Avant de se projeter aussi loin, le joueur blésois souhaite cependant réussir pleinement la saison à venir. Son idéal combine réussite collective et développement personnel :

« On monte, que ce soit après les playoffs ou parce qu’on est champion de France directement, mais ça serait le graal. Et qu’individuellement aussi, je puisse performer dans un collectif qui fonctionne, prendre énormément de plaisir avec les gars. »

Après une saison interrompue trop tôt, cette dernière condition est essentielle. Grasshoff veut retrouver le terrain, jouer et profiter d’une saison complète :

« Moi, je joue à ce jeu parce que je kiffe ça. Vraiment, je kiffe jouer au basket. »