L’EuroLeague s’apprête à évoluer. Tandis que la NBA élabore un projet de compétition européenne prévu pour 2027, l’organisation européenne a présenté, le vendredi 16 octobre, les principales lignes de sa stratégie pour la prochaine décennie. Approuvée à l’unanimité par ses 13 clubs actionnaires, cette feuille de route vise à redistribuer « 3,4 milliards d’euros » aux équipes engagées au cours des dix années à venir.
Cette somme se divisera en deux volets. La première partie, estimée à 2,2 milliards d’euros, sera générée par les revenus issus de la compétition. Les 1,2 milliard d’euros restants proviendront des droits d’entrée versés par les futurs propriétaires de franchises, dans le cadre de deux phases d’expansion programmées pour 2027 et 2031. L’objectif est de renforcer les ressources des clubs tout en attirant de nouveaux investisseurs.
Une expansion pour changer d’échelle
Pour atteindre ses objectifs, l’EuroLeague prévoit d’augmenter le nombre d’équipes de 20 à 24 dès la saison 2027-2028, avec l’ajout de nouvelles franchises à long terme. Selon les données fournies par l’organisation, 15 propositions fermes, représentant un montant total de 1,2 milliard d’euros, ont déjà été reçues.
L’EuroLeague envisage également de modifier son modèle en adoptant un système de franchises, afin d’offrir une plus grande stabilité aux clubs et de rendre leur participation plus attrayante pour les investisseurs. Cette transformation devrait s’accompagner d’une revalorisation des actifs : la valeur totale des clubs disposant d’une licence de longue durée, actuellement évaluée à 1,8 milliard d’euros, pourrait atteindre 5,4 milliards dans dix ans.
Les prévisions de l’EuroLeague indiquent que la valeur de la compétition elle-même devrait fortement augmenter, passant de 1,4 milliard d’euros aujourd’hui à près de 8 milliards, soit 5,7 fois sa valeur actuelle.
Près de 650 millions d’euros de revenus commerciaux annuels
Un autre chantier majeur concerne l’accroissement des revenus. L’EuroLeague vise à atteindre 648 millions d’euros de recettes commerciales annuelles d’ici la fin de son plan, soit à l’issue de la prochaine décennie. Pour y parvenir, elle compte s’appuyer sur le développement de ses partenariats, l’amélioration de l’expérience des spectateurs et une exploitation plus approfondie de ses actifs numériques.
D’après ses dirigeants, les premiers résultats sont encourageants : les revenus commerciaux ont augmenté de 50 % au cours des trois dernières saisons, tandis que les recettes liées aux jours de match ont doublé durant la même période. L’organisation souhaite maintenir cette dynamique en développant notamment EuroLeague Basketball+, sa future plateforme numérique, et en facilitant la modernisation ou la construction de salles via VenueCO, une structure destinée à accompagner les investissements dans les infrastructures sportives.
La solidité financière des clubs est également une priorité. Selon l’EuroLeague, environ 40 % des équipes titulaires d’une licence de longue durée sont actuellement financièrement autonomes. L’objectif est d’atteindre 100 % de cette autonomie à l’issue de la première phase du plan, notamment grâce à un encadrement financier renforcé et à des réglementations de fair-play financier plus strictes.
La NBA en toile de fond
Cette offensive économique survient à un moment crucial pour le basketball européen. La NBA souhaite lancer sa propre compétition sur le continent et poursuit les discussions autour de ce projet, bien qu’aucun accord n’ait été trouvé avec l’EuroLeague à ce jour. Le lancement de la NBA Europe est prévu pour octobre 2027, avec 16 équipes, dont 12 franchises permanentes au sein de sa ligue.









