Patty Mills est resté longtemps agenouillé sur le parquet, visiblement sonné. En difficulté lors de la dernière possession de l’ASVEL, alors qu’ils étaient à -2 (95-97), le talentueux Australien (22 points) a reçu un coup d’épaule de Vladimir Lucic en plein visage, sans que cela ne soit jugé comme une faute par les arbitres.
Cette situation a laissé l’ancien meneur des Spurs dans l’incrédulité. Même Lucic, en signe de respect, est venu s’excuser en lui disant “my bad” tout en lui tapant sur l’épaule.
“Certaines décisions nous coûtent le match”
Dans le même temps, les arbitres étaient en train de visionner des images, comme cela arrive trop souvent dans un match d’EuroLeague. Pour vérifier une éventuelle faute? Non, cela ne fait pas partie de leurs prérogatives. Ce serait trop simple. Ils vérifiaient plutôt le chrono. Après avoir influencé le cours d’un match, il est crucial de chipoter sur une seconde…
En désespoir de cause, Tony Parker a utilisé son dernier recours : demander s’il y avait eu un acte de violence. Bien que la faute simple ait semblé évidente, il était difficile de la qualifier de faute flagrante. En fin de compte, aucune sanction n’a été appliquée. Le Bayern a ainsi pu mettre fin à une série de quatre défaites consécutives en EuroLeague (victoire 95-99)…
“Tout le monde sait qu’il y avait faute mais c’est comme ça”, a lâché Tony Parker, visiblement désabusé, tout comme le reste de l’équipe dirigeante de Villeurbanne, par le déroulement des événements.
“Je pense que certaines décisions nous coûtent le match à la fin”, a ajouté Hugo Besson. “Il y a celle sur Patty Mills, et il y a celles sur les actions précédentes où il y avait exactement les mêmes contacts. Ils ont eu 6 à 8 lancers vraiment discutables. Nous, à l’inverse, nous n’avons rien eu dans le money-time. C’est difficile à accepter.”
L’ASVEL n’a pas perdu que sur cette dernière action
L’ASVEL avait des raisons d’être frustrée par les décisions de Damir Javor, Michele Rossi et Stefan Calic, qui ont accordé 11 lancers-francs de plus au Bayern (28 à 17). Cependant, elle ne pourra s’en prendre qu’à elle-même pour s’être mise dans une position où elle devait compter sur la bienveillance du trio arbitral.
“Ce n’est pas sur cette action qu’on perd le match”, a reconnu TP. “On aurait dû le gagner avant.” Mais pour cela, il aurait fallu être un peu plus solide.
Face au 18e de l’EuroLeague, sans victoire depuis la mi-octobre et “désespérément” en quête d’un succès à Décines selon son entraîneur Anton Gavel, les Villeurbannais ont surtout oublié de défendre.
“54 points encaissés en deuxième mi-temps, c’est beaucoup trop”, a fulminé le technicien rhodanien. “Ce sont des problèmes récurrents et il faut en prendre conscience. Nous devons vraiment progresser en défense. Les deux matches que nous avons gagnés, c’est parce que nous avons bien défendu, comme lorsque nous avons tenu le Partizan à 75 points. Là, 99 points à domicile, c’est inacceptable…”
Un tournant raté dans la saison?
Avec un tel manque d’intensité, les intérieurs bavarois ont profité de la situation, dominant la bataille du rebond (22 à 6 en deuxième mi-temps). C’était sans conteste un facteur clé du match. Avec un impressionnant 32 d’évaluation (22 points à 8/9 et 9 rebonds), Austin Wiley, dont le nom avait circulé à l’ASVEL cet été, a prouvé qu’il aurait été un bon choix de recrutement.
En somme, alors qu’ils abordaient une série de quatre matches consécutifs à domicile, tout laissait présager une belle soirée pour l’ASVEL et la possibilité de valider leur meilleure dynamique européenne depuis décembre 2024. Toutefois, il est clair que les choses ne sont pas toujours simples en EuroLeague, et leur série de victoires s’arrêtera à deux, avant d’accueillir le Besiktas Istanbul dans huit jours.
Est-ce un tournant raté dans la saison? “C’est encore long”, répond Tony Parker, tout en nuançant. “Mais il est vrai que ce sont des moments importants dans l’année avec toutes ces rencontres à domicile. C’est pour cela que c’est difficile ce soir.” Et injuste? Bien qu’il ne l’ait pas dit, il en pensait certainement un peu ainsi…









