La première finale mondiale de l’histoire du basket féminin français n’a pas apporté de médaille d’or, mais elle a attiré un large public. Le 13 septembre à la Uber Arena de Berlin, devant 12 233 spectateurs, les Bleues de Jean-Aimé Toupane ont subi une défaite de 97-79 face aux Américaines, qui ont ainsi remporté leur douzième titre mondial.
En revanche, les deux équipes peuvent se réjouir de leurs audiences télévisuelles. En France, la rencontre diffusée sur TMC a rassemblé en moyenne 1,42 million de téléspectateurs, atteignant même un pic de 1,8 million. Aux États-Unis, TNT Sports a enregistré une moyenne de 1,2 million de téléspectateurs, avec un sommet à 1,5 million.
Au total, cela représente environ 2,6 millions de personnes sur les deux principaux marchés, sans compter les autres diffuseurs internationaux et les plateformes FIBA.
Le troisième match le plus regardé de l’histoire aux États-Unis
Ce chiffre américain place cette finale au troisième rang des matchs de Coupe du monde féminine les plus suivis sur le sol américain. À noter que les deux rencontres devant elle proviennent également de l’édition de 2026.
La victoire des Américaines contre l’Italie en phase de groupes (55-52), qui était leur match le plus disputé du tournoi, a attiré 1,3 million de téléspectateurs. Cela montre qu’un match de poule a généré plus d’audience qu’une finale il y a quatre ans.
En 2022, la victoire de Team USA contre la Chine n’avait mobilisé que 446 000 téléspectateurs sur ESPN, représentant une augmentation de plus de 165 % en l’espace d’une édition.
Une finale diffusée en concurrence avec la NFL et l’US Open
Le contexte de diffusion accentue encore la portée de cette performance. Aux États-Unis, la finale était programmée à 14h00, heure de la côte Est, soit 11h00 sur la côte Ouest, un créneau diurne souvent peu favorable.
De plus, elle faisait face à une concurrence redoutable dans le calendrier sportif américain. Huit matchs de la première journée de la NFL avaient commencé une heure plus tôt, et la finale masculine de l’US Open entre Alexander Zverev et Ben Shelton était lancée au même moment sur ABC, une chaîne en clair.
« Ce n’est pas seulement ce tournoi exceptionnel, mais aussi le sport féminin qui a gagné en visibilité ces trois ou quatre dernières années », explique Craig Barry, responsable des contenus de TNT Sports.
En France, le choix de la diffusion gratuite a porté ses fruits
Un autre enseignement réside dans la stratégie française. Le choix de diffuser la finale sur TMC, une chaîne gratuite de la TNT, plutôt que sur une plateforme payante, a permis d’atteindre un public bien plus large que celui habituellement observé pour le basket féminin.
Les 1,42 million de téléspectateurs demeurent cependant en deçà des audiences de la finale du Mondial de rugby féminin à la même période. Le basket féminin n’a pas encore atteint le statut du rugby féminin en France, mais il s’en approche de plus en plus.
Quoi qu’il en soit, l’équipe de France a su créer un engouement au fil des matchs, avec un parcours presque parfait : 99-53 contre la Hongrie, 95-69 face à la Corée du Sud, 111-56 contre le Nigeria, puis 90-61 en quart de finale contre la Chine et 86-64 en demi-finale face à l’Allemagne, pays hôte.
Une génération française prête à briller
Cette dynamique médiatique arrive à un moment crucial pour le basket féminin français. Les Bleues ont constitué à Berlin un groupe prometteur, dirigé par Gabby Williams (20 points, 7 passes en finale), Dominique Malonga (21 points, 6 rebonds) et Marième Badiane, la capitaine.
Carla Leite a d’ailleurs résumé l’état d’esprit de l’équipe après la demi-finale : « Il n’y a plus qu’à aller chercher l’or maintenant ». Bien que l’or soit resté aux États-Unis, la médaille d’argent représente la première obtenue par la France dans un Mondial depuis 1953.
Il reste désormais à transformer cette visibilité en affluence dans les salles de La Boulangère Wonderligue, où plusieurs internationales évoluent. C’est le véritable défi des mois à venir.









