La NBA est en deuil ce dimanche, pleurant la perte d’une de ses légendes. Don Nelson, quintuple champion en tant que joueur avec les Boston Celtics et trois fois élu entraîneur de l’année, est décédé à l’âge de 86 ans. Son parcours laisse un héritage impressionnant, notamment à travers ses liens avec deux des plus grands talents français, Mickaël Piétrus et Antoine Rigaudeau.
La triste nouvelle, confirmée par sa famille, a été relayée par des journalistes américains, précisant qu’il s’est éteint paisiblement, entouré de ses proches, après avoir souffert des séquelles d’un AVC.
Un palmarès de joueur légendaire
Avant de devenir le « savant fou » des parquets, Don Nelson a d’abord brillé comme joueur. Drafté en 1962 par les Chicago Zephyrs, il a connu une brève expérience chez les Lakers avant de trouver sa véritable place à Boston. Sous le maillot des Celtics, il est devenu l’un des meilleurs « sixièmes hommes » de l’histoire, ajoutant cinq titres de champion à son palmarès (1966, 1968, 1969, 1974 et 1976).
Son style de jeu, rustique et atypique, notamment sa technique de lancer-franc à une main, reste gravé dans les mémoires des puristes de Boston. Son numéro 19 est d’ailleurs suspendu au plafond du TD Garden depuis 1978.
Un entraîneur aux 1 335 victoires
Sa transition vers le rôle d’entraîneur a été rapide et impressionnante. En tant qu’« entraîneur-général » chez les Bucks, les Warriors, les Knicks et les Mavericks, Nelson a révolutionné le basket. Il est reconnu pour avoir introduit le concept de « point forward » (ailier meneur) et pour avoir développé un style de jeu rapide et offensif surnommé « Nellie Ball ». Ce style a été si efficace qu’il a longtemps détenu le record du plus grand nombre de victoires en saison régulière avec 1 335 succès, avant d’être dépassé par Gregg Popovich en 2022.
Triple entraîneur de l’année (1983, 1985, 1992), il a également dirigé la Dream Team vers l’or mondial en 1994. Épicurien et libre penseur, il a continué d’être célébré même après sa retraite officielle en 2010. L’année précédente, il avait reçu le prestigieux Chuck Daly Lifetime Achievement Award, en reconnaissance de sa carrière d’entraîneur ayant incarné l’intégrité et l’excellence compétitive.
Don Nelson et les joueurs français
Le parcours de Nelson a croisé celui du basket français à deux reprises. Sa relation la plus marquante fut sans doute celle avec Mickaël Piétrus aux Warriors entre 2006 et 2008. Leur interaction était un mélange de respect et d’exigence. Piétrus a déclaré : « Je ne le vois plus comme un coach. Je le vois comme une légende. […] Pour moi, il est comme un papa. » Cependant, Nelson, qui le surnommait affectueusement « my man », l’a également poussé dans ses retranchements.
Partisan d’un jeu technique et rapide, il n’hésitait pas à faire jouer l’ailier français à tous les postes, y compris en pivot, sur de courtes séquences pour défendre contre des joueurs de taille. Ce traitement a permis à « Air France » de devenir un défenseur de premier plan, même si l’instabilité de son rôle a fini par créer une rupture en 2008.
Le passage d’Antoine Rigaudeau aux Mavericks en 2003 fut plus court et compliqué. Arrivé en cours de saison, « Le Roi » a eu du mal à s’adapter aux exigences athlétiques de la NBA et a rapidement été écarté de la rotation après seulement onze matchs, avant de retourner en Europe.
Don Nelson laisse derrière lui l’image d’un homme qui a toujours eu un coup d’avance sur son temps, capable d’identifier le talent là où d’autres n’en voyaient que des anomalies. Le monde du basket perd aujourd’hui l’un de ses architectes les plus audacieux.









