Chus Bueno avertit les clubs : quitter l’EuroLeague pourrait engendrer de lourdes pertes

NBA Europe : Chus Bueno prévient les clubs, quitter l'EuroLeague pourrait coûter très cher

Abandonner l’EuroLeague pour intégrer la future NBA Europe n’est pas une décision à prendre à la légère, selon Chus Bueno, directeur général de l’EuroLeague. Dans un entretien du 19 octobre, il a clarifié les répercussions financières que pourraient subir les clubs actionnaires intéressés par ce projet nord-américain.

Des conséquences financières à anticiper

Les 13 équipes actionnaires de l’EuroLeague ont signé des accords s’étalant sur une décennie. Chus Bueno a précisé qu’un club souhaitant se retirer pourrait faire face à plusieurs conséquences financières.

Il a mentionné des pénalités contractuelles possibles, ainsi que des demandes de dommages et intérêts de la part des autres clubs. De plus, un départ signifierait, selon lui, la perte d’actions dont la valeur totale dépasse 80 millions d’euros.

« S’ils veulent partir, ils ont une indemnité à payer, et les clubs peuvent également demander des dommages et intérêts individuels. Ils perdront les plus de 80 millions d’euros qu’ils détiennent en actions. »

Il est important de noter que cette somme ne représente pas une amende fixe de 80 millions d’euros pour chaque club, mais bien la valeur des actions mentionnées par Chus Bueno.

Il a également souligné qu’un éventuel retour dans la compétition nécessiterait le paiement d’un montant qui serait déterminé au moment du retour du club.

À ce stade, ces conséquences reflètent l’interprétation des engagements contractuels par Chus Bueno. Aucun départ entraînant de telles sanctions n’a été annoncé jusqu’à présent.

Une EuroLeague en quête de stabilité financière

Ces avertissements surviennent alors que l’EuroLeague est en pleine transformation économique. Chus Bueno a admis que seulement 40 % des détenteurs actuels de licences sont financièrement viables.

Ce constat met en lumière les problèmes économiques auxquels plusieurs clubs continuent de faire face, malgré une croissance notable de la compétition.

Pour contrer cette tendance, l’EuroLeague mise sur son nouveau modèle de franchises et l’extension à 24 équipes. L’objectif est d’accroître la valeur des clubs et d’améliorer leur rentabilité à long terme.

Selon Chus Bueno, cette transformation pourrait permettre à la majorité, voire à la totalité des clubs, d’atteindre un modèle économiquement viable d’ici cinq ans.

« Je pense que dans cinq ans, grâce à cette expansion, nous pourrions être dans une position où la plupart, voire la totalité, d’entre elles seront financièrement viables. »

Par ailleurs, l’EuroLeague prévoit d’annoncer de nouveaux participants à son système de franchises d’ici la mi-novembre 2026. Cette échéance est cruciale pour renforcer sa position face à l’éventuelle arrivée de la NBA Europe.

Une collaboration avec la NBA toujours envisageable

Bien que Chus Bueno mette en garde contre les risques liés à un départ pour les clubs actionnaires, il n’écarte pas la possibilité d’un rapprochement avec la NBA.

Le 6 octobre, les propriétaires de l’EuroLeague ont refusé une proposition de collaboration émanant de la ligue nord-américaine lors d’une réunion au lac de Côme, en Italie. Cependant, les discussions ne sont pas totalement terminées.

Le dirigeant espagnol a affirmé que l’EuroLeague est prête à considérer une nouvelle proposition, à condition qu’elle soit en adéquation avec les intérêts de la compétition et de ses clubs.

Il s’inquiète particulièrement d’une fragmentation du marché européen, où deux compétitions concurrentes tenteraient d’attirer les mêmes investisseurs, partenaires commerciaux et équipes de premier plan.

« S’ils décident d’entrer sur le marché, ce sera un désastre. Ils le savent, nous le savons, et nous ne le souhaitons pas. La division engendre une perte de valeur, et des tiers en profitent. Ce que nous voulons absolument éviter, c’est une fragmentation accrue. »

L’enjeu dépasse désormais le cadre de la simple concurrence sportive. Avec les engagements contractuels des clubs, les ambitions économiques de l’EuroLeague et le lancement prévu de la NBA Europe en 2027, les mois à venir pourraient être décisifs pour l’avenir du basketball européen.