ASVEL : État des lieux à quatre jours de la Supercoupe pour l’équipe de Tony Parker

ASVEL : À quatre jours de la Supercoupe, où en est réellement l’équipe de Tony Parker ?

La préparation de l’ASVEL est-elle satisfaisante ? À l’approche de son premier match officiel, il est encore difficile d’évaluer le niveau de l’équipe dirigée par Tony Parker. Après un été agité, la formation de Villeurbanne a effectué la majeure partie de sa préparation sans l’ensemble de son effectif.

Lors du Media Day traditionnel, qui s’est tenu le mardi 15 septembre, Vincent Collet et Dounia Issa ont partagé leurs réflexions sur cette préparation atypique et les premiers enseignements tirés depuis l’arrivée des dernières recrues.

Une préparation complexe à évaluer

Vincent Collet souligne qu’il est délicat de tirer des conclusions des premiers matchs de préparation. Lors de leur dernier affrontement contre Rome, l’ASVEL n’a pas encore montré son véritable potentiel. « Le match qu’on a fait il y a 48 heures contre Rome, il manquait encore sept ou huit joueurs sur 15. Ça fait beaucoup pour pouvoir véritablement juger l’effectif. »

Ce n’est que le mercredi 9 septembre que tous les joueurs ont enfin rejoint la France. Cette situation a contraint le staff à composer avec un groupe réduit pendant une grande partie de la préparation. Dounia Issa prend conscience de l’ampleur du défi. « À deux semaines de la reprise du camp d’entraînement, on devait faire quasiment 80 % de l’équipe, donc c’est costaud. »

Malgré ce retard, l’ASVEL ne compte pas attendre d’être totalement prête pour afficher ses ambitions. La Supercoupe, qui débute le 19 septembre à Roland Garros, offre déjà l’opportunité de décrocher un premier trophée.

« On veut aller à la Supercoupe pour essayer de s’imposer. Malgré le manque d’entraînement, dans les valeurs et le caractère, on veut essayer d’aller chercher ce potentiel premier titre pour le club », explique Dounia Issa.

Ce premier match aura une signification particulière pour le coach de Villeurbanne, car l’ASVEL rencontrera Roanne, promu et dirigé par son frère T.J. Parker.

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Une équipe pas encore prête pour l’Euroleague

Le retard accumulé durant l’été pourrait se faire sentir quelques jours plus tard. Vincent Collet admet que l’ASVEL ne sera pas complètement prête au moment de débuter l’EuroLeague.

« C’est dommage, parce qu’en général en début de saison, les grosses écuries ne sont pas tout à fait prêtes donc on pouvait espérer en profiter. Il faudra essayer de le faire quand même. Même si on sait qu’on ne sera pas prêt dans neuf jours contre le Maccabi Tel Aviv. »

En raison d’un manque d’automatismes et d’une préparation collective insuffisante, l’ASVEL devra compter sur d’autres qualités telles que la détermination, l’intensité et la capacité à jouer ensemble.

Un état d’esprit qui rassure Vincent Collet

L’arrivée des dernières recrues, TyTy Washington et Jae Crowder, a rapidement métamorphosé le groupe. Plus que le contenu des matchs de préparation, c’est l’attitude des joueurs qui a rassuré Vincent Collet.

« J’ai senti qu’ils étaient plus focus, ils ont envie de faire quelque chose. »

L’ancien sélectionneur de l’équipe de France a également suivi de près les débuts de Tony Parker dans son nouveau rôle. Avec l’arrivée des nouveaux joueurs, il note une évolution dans sa façon de diriger.

« J’ai aimé son évolution depuis une semaine avec l’arrivée des derniers joueurs. En termes d’autorité et de prise en main sur le groupe, il a vraiment évolué. J’ai beaucoup aimé sa réunion de rentrée, il a été à la fois ambitieux, déterminé, j’ai reconnu le joueur compétiteur. »

Cette évolution est également perceptible lors des matchs de préparation, même si Tony Parker n’a pas encore été confronté à des situations de forte pression lors des compétitions officielles.

« Même sur le tournoi de Cagliari, j’ai aussi vu une évolution dans ses comportements, avec deux ou trois temps morts un peu plus appuyés. Il a élevé la voix dans des moments où il fallait le faire, avec justesse. »

Un staff XXL pour accompagner les joueurs

L’ASVEL bénéficie d’un staff particulièrement étoffé pour encadrer ce groupe. Cette organisation permet aux joueurs d’avoir plusieurs interlocuteurs et de profiter d’un suivi plus personnalisé. Dounia Issa plaisante.

« Le matin quand on dit bonjour aux mecs, c’est déjà presque un workout en soi car on est tellement nombreux. »

Au-delà de l’humour, l’assistant de Tony Parker considère cette structure comme une évolution logique du basketball de haut niveau. « Je pense que les clubs qui en ont les moyens iront très vite vers des staffs comme ça car les joueurs ont vraiment une belle qualité d’accompagnement. »

Yves Pons, qui a connu ce type d’organisation aux États-Unis, partage ce constat.

« Le fait que ce soit en France, c’est vraiment bien, le basket évolue. Les gens prennent conscience de l’importance du staff. C’est indispensable d’avoir une bonne organisation pour avoir des résultats. »

Un secteur intérieur encore en rodage

Parmi les enjeux majeurs du début de saison, le secteur intérieur doit encore se renforcer. Ce dernier n’a pas pu travailler de manière complète durant la préparation, ce qui a conduit à une forte sollicitation de Joel Bolomboy. Mathis Dossou-Yovo, quant à lui, se rapproche de son retour après ce qu’il qualifie de « la plus grosse blessure de sa carrière ». Il n’a pas joué depuis six mois et doit maintenant retrouver progressivement son niveau. « Je me sens bien, j’ai hâte de revenir. Il faut encore que je retrouve le rythme et les sensations. »

Son retour permettra à l’ASVEL d’avoir plus de solutions à l’intérieur, un secteur qui doit encore construire ses automatismes.

« Se battre pour ramener le plus de titres »

L’ASVEL est consciente d’être particulièrement attendue cette saison. Avec l’arrivée de Tony Parker sur le banc, les ressources importantes du club et les ambitions affichées, les Villeurbannais sont sous les projecteurs.

Les joueurs acceptent cette pression. Hugo Besson illustre l’état d’esprit avec lequel l’ASVEL souhaite aborder cette nouvelle saison.

« Il faudra se battre pour ramener le plus de titres pour ce club prestigieux. »

À quatre jours de la Supercoupe, l’ASVEL n’est donc pas encore complètement prête. Elle commence seulement à travailler avec l’ensemble de ses forces et doit encore établir ses automatismes. Toutefois, avec l’état d’esprit observé par Vincent Collet, les ambitions du staff et un premier trophée à portée de main, les Villeurbannais ne comptent pas attendre pour entamer leur saison.

À Villeurbanne, par Simon Badet