AS Monaco revoit son budget à la baisse : de 12,5 à 6-7 millions d’euros

AS Monaco : de 12,5 à 6-7 millions d’euros, un projet revu à la baisse devant le CNOSF

En quelques heures, le dossier de l’AS Monaco Basketball a pris une tournure inattendue. Ce mardi matin, à l’approche de l’audience devant le CNOSF, Maître Xavier Le Cerf-Galle a fait savoir à Nice-Matin que le club visait un budget d’environ 12,5 millions d’euros pour la saison 2026-2027. Toutefois, après deux heures et demie de conciliation, le même quotidien annonce désormais un budget potentiel situé entre 6 et 7 millions d’euros.

Cette réduction significative témoigne de l’incertitude persistante entourant le champion de France. Monaco affirme avoir résorbé son passif historique et disposer de 5 millions d’euros de ressources identifiables, dont 3,27 millions déjà perçus ou documentés. Cependant, aucun investisseur principal n’a encore été officiellement annoncé, et l’effectif prévu au début de l’été a progressivement été dispersé. Par exemple, Mathis Dossou-Yovo (2,06 m, 25 ans), qui avait un accord avec l’ASM, a finalement signé avec l’ASVEL, tandis que les situations de Yakuba Ouattara et de Joël Ayayi demeurent floues.

Un budget réduit pour l’AS Monaco

La différence est frappante. Au matin du mardi, Nice-Matin rapportait que l’objectif évoqué par l’avocat du club, Maître Xavier Le Cerf-Galle, était de bâtir un budget d’environ 12,5 millions d’euros. Quelques heures plus tard, après l’audience de conciliation devant le CNOSF, le même média parle désormais d’un montant entre 6 et 7 millions d’euros, prenant en compte les recettes déjà acquises ainsi que celles qui pourraient l’être au cours de la saison.

À ce stade, Monaco indique avoir environ 5 millions d’euros de ressources identifiées, dont précisément 3,27 millions d’euros encaissés ou documentés, notamment grâce au sponsoring et aux indemnités de transfert.

D’autres revenus pourraient également venir s’ajouter durant la saison, tels que les abonnements, les partenariats commerciaux et diverses recettes liées à l’exploitation des rencontres. Plusieurs partenaires historiques seraient aussi prêts à poursuivre leur engagement si Monaco est finalement autorisé à évoluer en Betclic ELITE. Le scénario présenté après l’audience est donc bien en deçà des 12,5 millions d’euros mentionnés auparavant.

Monaco garantit avoir effacé son passif

Un autre point sur lequel l’ASM a principalement cherché à convaincre les conciliateurs est son endettement. Selon Nice-Matin, le club déclare maintenant être « effectivement exempt de dettes » suite aux divers abandons de créances effectués par ses actionnaires et créanciers historiques.

À l’issue de l’audience, Maître Xavier Le Cerf-Galle a défendu cette nouvelle situation financière.

« Nous avons exposé avec la plus grande transparence la situation économique et financière de l’AS Monaco Basket, à savoir celle d’un club qui n’a plus de dette systémique, dont la situation financière est assainie. Et qui a dès à présent 5 millions d’euros de ressources dont 3,3 millions d’euros de ressources documentées dès le début de saison », a-t-il déclaré à Nice-Matin.

L’avocat estime donc que Monaco est désormais en mesure de repartir avec une masse salariale réduite et un fonctionnement très différent de celui des saisons précédentes.

Une équipe à reconstruire presque entièrement

Une réintégration éventuelle ne réglerait cependant qu’une partie des problèmes du club monégasque. Monaco doit également constituer son équipe à quelques semaines du début de la Betclic ELITE. Il est impératif de disposer d’une base de joueurs formés localement (JFL) compétitive. Juhann Begarin (1,96 m, 24 ans) est le dernier JFL sous contrat avec l’ASM. Yakuba Ouattara (1,92 m, 34 ans) a également été annoncé proche d’un retour, tandis que les noms de Joël Ayayi et Axel Toupane circulent comme possibles renforts.

En revanche, Mathis Dossou-Yovo (2,06 m, 25 ans) ne viendra pas. Bien qu’il ait eu un accord avec Monaco, l’incertitude entourant l’avenir du club a relancé les discussions avec l’ASVEL. Sa signature à Villeurbanne a été officialisée ce lundi 24 août.

Monaco pourrait donc être contraint de bâtir l’essentiel de son effectif dans un laps de temps très restreint si son engagement est finalement validé.

La recommandation du CNOSF attendue sous peu

L’audience de mardi a débuté à 14 heures et s’est conclue vers 16h30, en présence notamment du directeur général Oleksiy Yefimov et de Maître Xavier Le Cerf-Galle. Le CNOSF doit désormais rendre sa recommandation mercredi 26 ou jeudi 27 août, toujours selon Nice-Matin.

Une recommandation favorable ne signifierait pas automatiquement un engagement en Betclic ELITE. Monaco espère qu’elle incitera la FFBB à renvoyer son nouveau dossier devant la DNCCG afin que celle-ci puisse examiner les garanties financières désormais fournies.

À un mois du début du championnat, l’ASM se retrouve ainsi face à un double défi : obtenir le droit de participer à la saison 2026-2027, puis reconstruire presque entièrement une équipe désormais calibrée pour un budget bien inférieur à celui envisagé au début de l’été.

Nice-Matin rapporte également qu’un autre projet de financement a émergé ces derniers jours, impliquant Benjamin Erisoglu et l’ex-footballeur Ronaldinho. L’entrepreneur affirme avoir identifié un investisseur résident monégasque, issu du secteur industriel, capable d’apporter une garantie bancaire de 10 millions d’euros, dont 1,2 million mobilisable immédiatement.

Cependant, ce projet n’a pas été présenté lors de l’audience de mardi. Maître Xavier Le Cerf-Galle n’a pas permis l’accès à la visioconférence aux investisseurs concernés. L’avocat de l’AS Monaco précise qu’une lettre d’intention lui a bien été transmise par l’avocat de l’industriel, mais seulement peu après 15h05, alors que la conciliation avait débuté à 14 heures.

Selon lui, cette arrivée tardive empêchait son examen dans le cadre de la procédure : seuls les éléments formellement produits avant l’ouverture de l’audience peuvent être pris en compte, tandis que les échanges sont réservés aux parties concernées, à leurs avocats et à leurs conseillers. Le projet présenté par Benjamin Erisoglu n’a donc pas été intégré au dossier effectivement défendu mardi devant le CNOSF.