Amel Bouderra perd ses fonctions à l’agglomération de Charleville

Déjà en retrait, Amel Bouderra est démise d'une de ses fonctions politiques

Suite à des allégations d’escroquerie en bande organisée révélées il y a un mois, Amel Bouderra a officiellement cessé d’exercer ses fonctions au sein de l’agglomération de Charleville.

Depuis sa mise en examen, l’ancienne meneuse et directrice sportive des Flammes Carolo a vu son rôle de vice-présidente de l’agglomération annulé, comme l’indiquent nos confrères de France 3.

Bien qu’elle conteste vigoureusement les accusations portées contre elle, l’ancienne internationale est présumée innocente jusqu’à preuve du contraire et conserve actuellement deux mandats de conseiller local.

Un préjudice évalué à plus de 500 000 euros

Pour rappel, le parquet de Charleville-Mézières a annoncé le 8 octobre dernier la mise en examen de cinq membres de l’entourage des Flammes Carolo, y compris l’entraîneur Romuald Yernaux, le président Yannick Yernaux, le médecin Maxime Buffet et Amel Bouderra, ainsi que de l’association elle-même. La justice soupçonne une escroquerie ou complicité d’escroquerie aux prestations sociales entre 2019 et 2026.

Selon les déclarations de la procureure de la République, le montant total du préjudice présumé serait supérieur à 545 000 euros, dont plus de 500 000 euros au détriment de la CPAM et 45 000 euros vis-à-vis de France Travail. Les enquêtes portent sur des arrêts maladie ainsi que des certificats médicaux qui pourraient être abusifs ou fictifs, ainsi que sur des allocations de chômage indûment perçues.

Bien que Romuald Yernaux conserve son poste d’entraîneur, il a perdu la gestion financière de l’établissement, tandis qu’Amel Bouderra fait face à des restrictions encore plus sévères. Directrice sportive depuis 2022, elle est formellement interdite d’exercer au sein du club et d’accéder aux installations des Flammes Carolo.

Deux retraits successifs

Tôt après son inculpation, la dirigeante des Ardennes avait choisi de se retirer de la vie publique. Trois jours après les gardes à vue, le maire de Charleville-Mézières et président d’Ardenne Métropole a annoncé qu’elle se mettait en retrait de son poste de vice-présidente, chargée des politiques urbaines et de l’égalité entre les sexes.

Cette démarche vise à lui permettre de préparer sa défense sans gêner le bon fonctionnement de la collectivité. Le 13 octobre, le maire carolomacérien procédait à la révocation de sa délégation de fonctions.

Éviction approuvée à l’unanimité

Sa situation a pris une nouvelle tournure lors du conseil communautaire d’Ardenne Métropole, comme l’ont rapporté nos confrères. Réuni le mardi 3 novembre, le conseil a entériné la fin de son mandat de vice-présidente par un vote unanime à main levée. Le maire a indiqué que cette décision était « préférable pour elle comme pour nous », en attendant l’issue de l’enquête.

Malgré la perte de sa vice-présidence et le retrait de sa délégation, Amel Bouderra conserve encore deux mandats politiques locaux. Elle demeure conseillère municipale à Charleville-Mézières et conseillère communautaire à Ardenne Métropole.

Les investigations judiciaires se poursuivent. L’ancienne basketteuse conteste avec vigueur les accusations portées à son encontre et reste présumée innocente jusqu’à preuve du contraire.